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Mike Le Bosso se déchaîne : « Je ne veux plus aider les ivoiriens. Ils sont trop méchants… »

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Mike le Bosso est un acteur du showbiz ivoirien, vivant en France. Producteur et éditeur de musique, promoteur de spectacles et agent représentant de footballeurs, il est très influent dans le milieu culturel sur la Métropole où il opère.

Sorti récemment de prison, suite à des démêlés avec la justice française, le boss de Bosso Production a bien voulu nous accorder une interview.

Dans cet entretien, il évoque sans faux-fuyant les raisons de son incarcération, sa vie derrière les barreaux, ses rapports avec certains acteurs du showbiz de la diaspora et ses perspectives avec sa structure de production.

Quel a été le motif de votre incarcération?

J’ai été incarcéré parce qu’on m’accuse d’aide à l’immigration illégale en bande organisée. Ce qui veut dire qu’on est nombreux dans cette affaire. Je n’en dirais pas plus.

Comment a été votre séjour derrière les barreaux ?

Je n’ai pas senti la souffrance parce que je recevais beaucoup d’argent des fans, des amis et de la famille. Financièrement j’étais bien. C’est la privation de la liberté seule qui était difficile. Sinon en prison, on est mieux traité que ceux qui sont dehors. En plus, les gens de dehors étaient confinés donc on ne sentait pas trop la différence. La prison en France n’a rien à voir avec celle d’Abidjan. A l’intérieur de la prison, il y’a un hôpital, une assistante sociale, une salle de sport pour entretenir la forme, un téléphone en cellule pour communiquer avec qui tu veux, la télé, la PlayStation. C’est aussi possible étant en prison d’aller à l’école et de suivre des formations rémunérées. D’ailleurs, j’ai beaucoup appris étant en prison. J’ai été à l’école pour me perfectionner en anglais.

On a aussi le choix d’aller à l’église ou à la mosquée. On nous donnait à manger. Mais moi, je me suis acheté une plaque pour préparer. Je cuisinais donc ce que je désirais à mes frais. Bref, tu as tout ce que les gens ont dehors sauf la liberté. Mais psychologiquement, c’est plus difficile à supporter. Il y a aussi le fait que la prison, c’est un monde où règne la violence. Ton co-détenu peut te tuer. En prison, on règne par la force

Quels souvenirs gardez-vous de cette mésaventure ?

Je garde un bon souvenir parce que je n’ai pas été traité comme un prisonnier lambda. Presque tout le monde me connaissait. Le lendemain de mon arrivée en prison, on m’a reçu et posé des questions pour mieux me connaître et m’orienter. Ils savaient donc tous qui j’étais.

Qu’est-ce qui vous a le plus manqué lorsque vous étiez en prison ?

Ma famille, la liberté, mes amis (femme et garçon). La prison m’a permis de beaucoup réfléchir aux erreurs passées. Aider les gens comme avant, ce n’est plus possible. J’ai beaucoup aidé. A la fin, je me suis retrouvé en prison alors que je pouvais aider ma famille. Mais bon, c’est la vie.

Avez-vous reçu le soutien de vos frères de la diaspora ?

J’ai reçu le soutien de beaucoup de personnes que je ne connaissais pas. Surtout les fans. Que ça soit les maliens, sénégalais et autres. J’ai reçu officiellement 1700 euros pour l’avocat et 200 euros pour moi. Les gens m’ont envoyé l’argent directement. Cependant, je n’ai pas aimé l’exposition de mon incarcération avec les conférences de presse, les communiqués. Quand on veut aider quelqu’un, on ne fait pas ce genre de publicité. Ça m’a beaucoup vexé et humilié. C’est pourquoi, j’ai donné l’ordre à mon avocat de ne plus prendre contact avec eux et de ne plus leur donner de nouvelles concernant l’affaire parce que certains cherchaient à se faire leur publicité personnelle.

Au soir de votre libération, quelle a été votre première activité ?

J’ai été boire avec mes amis et je suis rentré à la maison. Je ne pense pas pour l’instant à coucher avec une fille. Ce n’est pas mon ambition pour l’instant. Dieu est devenu maintenant mon guide. C’est lui qui va me donner la femme qu’il voudra. En gros, la femme ne me dit rien pour le moment. Si c’est à ça vous faites allusion.

Ces derniers temps les conflits sont légions dans le milieu du showbiz ainsi que des ennuis judiciaires. Comment expliquer cela ?

Qu’est-ce que vous appelez conflit? Vous les ivoiriens, quand on dit la vérité, c’est un conflit ou bien quand on informe les gens pour qu’ils sachent qui est à la base de nos malheurs, c’est un conflit. Ça fait plus de 25 ans que je vis en France. Je n’ai pas la mentalité des ivoiriens. En France, on dit ce qu’on pense mais en Côte d’Ivoire, c’est conflit et ça, ça me saoule. Des ennuis judiciaires ? Vous croyez que si j’avais d’autres affaires, j’allais sortir ? Faites attention quand vous posez vos questions. Je n’en ai pas plusieurs, j’en ai un, ce procès que j’attends avec impatience, car je sortirai grandi dans cette affaire. Ceux qui ont parlé à la police vont être entendus. Ils devront prouver leurs dires sinon ce sont eux qui auront des problèmes. Des vérifications seront faites. On n’est pas à Abidjan. On est en France. Tout ce que est dit doit être vérifié. On ne condamne pas en France sur des paroles mais sur des faits matériels. Pour ça, je dors tranquille. Et je vous apprends qu’en voulant me faire du mal, ça a rejailli sur tous les promoteurs.

Lors d’une interview, vous nous avez confié votre ambition d’organiser gratuitement la tournée européenne de Gédéon de la Tchetchouvah. Qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai l’impression que vous ne comprenez rien de ce qui se passe. Je veux savoir pourquoi des personnes ont menti sur moi pour que je sois privé de liberté pendant 8 mois et vous voulez que j’envoie encore des gens en France.

Pour l’instant, je n’ai plus de projets avec les ivoiriens. J’ai mes artistes que je produis, je prépare la sortie de leurs œuvres. A part ça, rien d’autre n’est à l’ordre du jour. Je n’ai pas d’interdiction particulière, mais je ne veux plus aider les ivoiriens. Ils sont trop méchants.

Quelles sont les perspectives avec Bosso Production?

Bosso Production est toujours égale à elle-même. Il faut que vous sachiez que ce n’est pas Bosso production qui est accusé. C’est quelques associations. Je vais me concentrer sur Kapricia (artiste chanteuse togolaise) et Sandra Centro (artiste chanteuse centrafricaine). Ce sont des chanteuses en qui j’ai confiance et je sais que je vais les imposer en France. Pas dans le milieu noir.

J’ai la conviction qu’un de mes artistes aura un disque d’or. C’est mon objectif car je suis membre de SNEP (Ndlr : Syndicat national de l’édition phonographique). Je sais comment ça se passe et j’ai des amis dans le milieu français qui me guident. Quand tu investis ton argent sur les artistes ivoiriens, une fois le succès au rendez-vous, ils créent des histoires pour ne pas respecter le contrat qui vous lie.

Alors que sans l’argent du producteur, on n’allait pas les connaître. Le pire, c’est qu’il y a des gens qui cautionnent ces agissements. J’ai eu à faire des directs sur les réseaux sociaux pour attirer l’attention des acteurs culturels mais ça m’a desservi. Tant que les artistes ivoiriens ne comprendront pas que les gens qui les montent contre leurs producteurs ne les aiment pas, la musique ivoirienne restera toujours derrière. Maintenant je n’écoute même pas la musique ivoirienne, à part Josey.

Après l’épreuve que vous avez traversée, serez-vous toujours la même personne ou vous avez pris de nouvelles résolutions ?

Si je ne tire pas de leçon de ce que j’ai vécu, c’est que je suis bête. Je suis toujours Mike le Bosso mais les histoires de tournées européennes ne font plus partie de mes projets. En gros, les artistes ivoiriens ne m’intéressent plus. Ce n’est pas une injure, mais ils sont trop méchants.

Avec tout ce que j’ai fait pour la culture ivoirienne en France, je n’ai pas senti de soutien des artistes alors qu’ils ont presque profité de mes services et mangé chez moi. Mais ce n’est pas grave, c’est la vie.

Même Soum bill que j’ai beaucoup aidé et hébergé chez moi à ses débuts en France n’a même pas daigné me soutenir. Mais je laisse pour moi à Dieu. C’est la vie

Avez-vous un dernier mot ?

Je remercie tous ceux ou celles qui m’ont aidé pendant ce moment difficile. Les sénégalais, les maliens. Surtout le président Dekis, Joss Men Joss qui m’a énormément soutenu financièrement, le président John Pripri, un homme au grand cœur, Doudou Sticker, maman Leaticia de Martinique, Flore Luçon Canis, ma Soeur Awa d’Evreux qui était désignée comme la personne contacte qui est venue récupérer mes affaires quand elle a su, ma famille. Ils sont trop nombreux pour être cité tous. Il y en a qui veulent garder l’anonymat. Mais le Rhdp m’a abandonné avec tout ce que j’ai fait pour ce parti. Le RHDP m’a déçu. Je remercie Mr Soro Guillaume pour son soutien à travers Joss men Moss.

Interview réalisée par Laetitia LAGO

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