Oméga David est l’un des comédiens les plus doués de Côte d’Ivoire. Il est l’homme à vous faire mourir de rire à travers un simple sourire ou un simple regard. C’est à Dabakala, ville située à 477 km au Nord d’Abidjan, que Coulibaly Daouda, de son vrai nom, a vu le jour le 1er janvier 1965. Son nom d’artiste lui vient lors d’une répétition avec « les Rigolos d’Abobo », la troupe de théâtre où il fût formé. Ce jour-là, il devait trouver absolument un nom de scène, à l’instar de ses collègues. Il choisit alors le nom « Oméga David ».

Après avoir arrêté ses études en classe de seconde, il s’est entièrement dévoué à la comédie. De sa génération, ont pu éclore d’autres virtuoses du cinéma comme Agoulé, André Claude, Séa Doupo, Gohou Michel, Adrienne Koutouan, feue Marie-Louise Asseu, feue Tatiana de Mackensira, Bohiri Michel… .Marié et père de quatre enfants, Oméga David a célébré avec faste ses 30 ans de carrière sous la forme d’un one-man-show qui s’est tenu le 1er mai 2021 au Palais de la culture de Treichville. A l’occasion d’une visite dans nos locaux, il a accepté de nous accorder un entretien.

Comment vous sentez-vous après votre spectacle du 1er mai 2021 ?

Je suis très content et relaxe après la célébration de mes 30 ans de carrière. L’histoire retient qu’Oméga David a fait ses 30 ans de carrière au Palais de la culture le 1er mai 2021 et tout s’est bien passé.

Aviez-vous des appréhensions avant cette échéance ?

Bien sûr ! J’avais le trac parce que le jour choisit était un jour férié et coïncidait avec la période du jeûne musulman. C’était aussi la saison des pluies. On se demandait si la mobilisation allait être au rendez-vous. Dieu merci, mes fans sont sortis nombreux. Et pour la qualité du spectacle, tout a roulé comme sur des roulettes.

Après ce spectacle, quelles sont à présent les perspectives ?

La carrière continue. Je continue d’écrire parce que je compte me présenter encore sur des scènes si j’en ai l’occasion. J’ai aussi des apprenants que j’encadre. Mais très sincèrement, je veux me consacrer à l’écriture et au tournage.

Revenons sur votre riche carrière. Quels sont les plus beaux souvenirs qui vous viennent tout de suite à l’esprit ?

Il y a tellement de beaux souvenirs que je garde dans mon esprit. Mais le plus beau, c’est la rencontre de Jean-Michel Kankan. Je l’ai rencontré et il m’a permis de jouer avec lui à son tout premier spectacle au centre culturel français. Ce qui n’était pas prévu. Je me rappelle aussi certains spectacles donnés au Benin dans de grands stades pleins à craquer. Je revois encore comment la police essayait de m’ouvrir un chemin pour que je puisse accéder à la scène. Ils ont eu du fil à retordre. Et lorsque le public m’a vu sur scène, c’était l’hystérie totale. L’un des grands moments de ma vie artistique est aussi d’avoir travaillé avec une ONG dans le cadre de la réconciliation après la grave crise post-électorale qu’a connue la Côte d’Ivoire en 2010. Avec cette ONG, on a fait le tour de la Côte d’Ivoire. Il y a encore une multitude de beaux souvenirs mais je préfère me limiter à ceux que je viens d’évoquer.

Après 30 ans de carrière, avez-vous quelques regrets ?

Parlant de regrets, je dirai que j’aurais quand même voulu voir d’autres ministres à la célébration de mes 30 ans de carrière. Le ministre Jean-Louis Billon m’a fait l’honneur de se déplacer et je lui suis reconnaissant. D’ailleurs, nous sommes de la même région. Mais en plus de lui, j’aurais souhaité voir l’Etat représenter à un haut niveau pour le peu que j’ai pu apporter à la culture ivoirienne.
J’ai participé au lancement de la 2è chaîne de télévision (RTI2) et de radio (Fréquence 2). J’ai aussi participé au lancement d’une marque de la plus grande société de limonade du pays. J’ai également travaillé avec une société de jeux. J’attendais juste de la reconnaissance de la part de ces partenaires et de bien d’autres. Pas pour de l’argent. Mais juste pour un principe de réciprocité mais ce n’est pas bien grave. Je préfère m’appesantir sur ceux qui étaient présents et qui m’ont soutenu. A ceux-là, je leur dis un grand MERCI.

Quel est le plus beau rôle que vous avez eu à camper ?

J’ai eu à camper le rôle de « Mor Lam » dans une pièce de théâtre qui s’intitule « L’os de Mor Lam » et le rôle de « dozo » avec Jimmy Danger dans l’émission satirique « faut pas fâcher » de RTI1. De manière générale, il y a des rôles difficiles à jouer parce que tous les acteurs n’ont pas la même manière de jouer.

Qu’est-ce que le « Parlement du rire » a apporté aux humoristes ivoiriens ?

C’est une belle lucarne pour tous les comédiens et humoristes ivoiriens d’être vus en dehors de la Côte d’Ivoire et même au-delà du continent africain. La chaîne Canal+ nous a donné l’occasion de nous mettre en valeur et de saisir certaines opportunités à l’international. C’est une belle occasion que vous m’offrez de remercier Mamane, l’initiateur du Parlement du Rire et toute son équipe et ses partenaires.

Y a-t-il une différence entre comédien et humoriste ? Si oui, dans quel genre vous-situez-vous ?

La différence est que le comédien est un homme du théâtre, qui a appris des techniques. L’humoriste, lui, il raconte des blagues. C’est une personne qui doit être capable de rendre les situations les plus graves, drôles.

Que pensez-vous justement de la nouvelle génération d’humoristes en Côte-d’Ivoire ?

Je trouve qu’elle a du talent mais elle est éparpillée. Elle gagnerait beaucoup à apprendre les techniques de base. Il faut qu’elle se forme pour accroître leurs performances. Sinon, j’apprécie bien des jeunes frères comme Boukary, Willy Dumbo, Ramatoulaye, Bleu Brigitte et bien d’autres. Ils font du bon boulot.

Comment se déroule une journée avec Oméga David ?

Je me réveille très tôt. J’allume mon ordinateur pour écrire ou lire mes textes. J’harmonise mes idées. J’honore ensuite mes rendez-vous, si j’en ai. Je fais mes représentations avec mes élèves. Et si j’ai encore du temps, pour me distraire, je vais à la chasse (rires).

Qu’est-ce que vous aimez manger ?

J’aime bien le placali avec le « kplo » (peau de bœuf). J’aime aussi le foutou à la sauce gouagouassou avec la viande de chauve-souris communément appelé « akpani ».

 

Interview réalisée par Marcellin Atissony

Retranscription : Stéphanie Lebato (Stagiaire)

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